Mai 1998 - Numéro 1

L'aménagement-réduction du temps de travail

Corinne Vadrot

35 heures : il est urgent de ne plus attendre !

Le passage aux 35 heures est pour bientôt. Malgré les fortes incertitudes qui subsistent encore au niveau de la loi, et qui risquent justement d'engendrer des postures attentistes de la part des acteurs concernés, nous sommes profondément persuadés qu'il est grand temps d'engager la démarche.

Les délais fixés par le gouvernement, et notamment le décret d'application de la loi prévu pour la fin de l'année 1999, semblent à priori constituer un atout. En effet, le temps, en matière d'organisation du temps de travail, constitue le bien le plus précieux.

Si nous considérons que deux années sont laissées aux entreprises pour préparer le terrain des négociations et la conclusion d'un accord, il est clair qu'il s'agit d'optimiser dès maintenant ce temps imparti en vue d'aboutir à une application qui sera d'autant plus maîtrisée qu'elle aura été anticipée et préparée le plus en amont possible. Autrement dit, l'enjeu présent réside dans la préparation du terrain, qui passe nécessairement par la sensibilisation de l'ensemble des acteurs, donc aussi par une dynamique participative fondée prioritairement sur l'écoute.

Si nous considérons par ailleurs que la loi ne permet pas aujourd'hui de lever les incertitudes, notamment en ce qui concerne les heures supplémentaires, le temps partiel ou les garde-fous de l'annualisation (pour ne citer que quelques points cruciaux), il s'agit d'occulter ces zones d'ombre pour le moment, afin de se consacrer entièrement aux actions qualitatives inscrites dans une démarche générale d'aménagement-réduction du temps de travail.

Plus ce travail de fond sera développé, plus la mise en œuvre sera facilitée. Il n'est pas conseillé d'attendre le dernier moment pour se lancer dans l'effectivité de la réorganisation. Les modalités pratiques et les dispositifs de soutien ou d'incitation qui seront mis en place dans l'année qui vient, doivent être éclairés, au préalable, par un " chantier " ouvert sur les conditions de réussite de ce passage à une nouvelle durée collective du travail.

N'attendez plus ! Tout succès sera le fruit d'une démarche volontariste et programmée.

Management et relations sociales

Jean Planet

Tel est le thème d'un séminaire de 5 jours que JP Conseil animera, à la demande de l'ENA, pour des cadres d'origine diverse (administration, collectivités locales, hôpitaux, entreprises). Thème au cœur de notre action, telle que nous la concevons, centrée avant tout sur les acteurs sociaux. Car les organisations, les procédures, les processus de décision que nous contribuons, dans le cadre de nos missions, à rendre plus efficaces, ne prennent leur sens qu'en fonction du jeu des acteurs.

Le salarié, dans ses trois dimensions, individuelle, catégorielle et collective- à travers une culture interne plus ou moins affirmée- agit et s'adapte en fonction de ses intérêts, de ses craintes, de ses attentes et des perspectives qu'on lui ouvre.

La conduite du changement, qu'elle passe par un projet d'entreprise, la gestion prévisionnelle des compétences ou une démarche de réduction du temps de travail, implique au préalable la prise en compte des diversités sociales et de l'état des relations entre partenaires de l'entreprise. C'est un diagnostic partagé qu'il faut rechercher, dans des conditions de transparence et des garanties d'objectivité qui, par elles-mêmes, feront déjà progresser la démarche. Sur cette base, alors, chacun acceptera progressivement de s'engager, de débattre, de prendre en compte, sans renier ses propres intérêts, ceux de l'entreprise, des clients, des partenaires.

Processus de longue haleine, qui réclame de la constance mais aussi une capacité d'adaptation et d'écoute qui n'entre malheureusement que très rarement dans les critères de jugement du bon manager.