Juillet 1998 - Numéro 2

L'innovation pour vivre, ou ne pas mourir !

Xavier Maze-Colboc

"The Circle of Innovation" - Tom PETERS

E-N-F-I-N !!!! Le génialissime Tom Peters a encore frappé. Son dernier livre, paru en novembre 1997 aux USA -et à notre connaissance pas encore sorti en France- reprend les thèmes fondamentaux aux yeux de son auteur : "Comment l'entreprise peut-elle atteindre l'Excellence et y rester ?". Ses 518 pages tracent un canevas de méthodologie et de "philosophie de vie" pour y parvenir. Sa vision globale le place bien au-dessus des modes managériales et le met au même niveau qu'un Peter Drucker ou qu'un Charles Handy avec, cependant, un accent mis sur la pratique.

Il serait bien difficile -et ce n'est pas là l'objet- de résumer la richesse d'un tel ouvrage en quelques lignes.

Cependant, nous partageons plusieurs réflexions. L'innovation est et doit être prépondérante dans une organisation, d'autant plus que l'ouverture des marchés et les technologies de l'information enlèvent nombre de barrières physiques à l'arrivée de compétiteurs. La concurrence étant de plus en plus acharnée (et nous n'avons encore R-I-E-N vu !) parce que mondiale, il est primordial d'agir et de susciter l'envie avant les autres, quitte à cannibaliser le produit "vache à lait" en lançant un nouveau produit, quitte à détruire l'organisation pour lui permettre de renaître.

Mais, l'Innovation n'est pas réservée aux seuls chercheurs et centres de recherche. Elle réside aussi dans les relations tissées entre les partenaires (salariés, clients, fournisseurs, actionnaires…) et dans la redéfinition des processus de travail. Concepts souvent évoqués et rarement mis en pratique parce que bouleversant nos habitudes inspirées du début du siècle (qui a dit que Taylor était mort ???). Tom Peters propose une réelle remise en question des rôles respectifs et des fondements même de l'organisation. La passion, l'imagination, l'inconstance, l'obsession, l'humilité, la patience, l'impatience et la naïveté sont les nouvelles vertus du leader.

La décentralisation totale, le business-ing, l'organisation oubliante… (notez bien ces termes, vous n'avez pas fini de les entendre !) doivent être les nouvelles façons de vivre l'organisation, si l'on veut survivre. Sur quelles forces s'appuyer ? Le client n'est pas un guide pour l'avenir, mais bien une réponse à un positionnement passé. La voie du salut passe d'abord par les salariés de l'organisation, puis par les clients et les fournisseurs : bienvenus dans l'ère de la survie grâce au réseau ! Au manager d'assurer la transparence dans les relations.

Créer le désir devrait être un des prochains leitmotivs de l'organisation, recruter des Michel Angelo (de la logistique, la comptabilité…) et développer les talents devraient être ceux du leader. "Amener les partenaires à découvrir et amplifier leur propre brillance" : nouvelle condition de la performance de l'organisation ? Nous le pensons.