Novembre 2003 - Numéro 16

Quand Développement Durable rime avec RH et organisation

"Dans la vie, il y a deux catégories d’individus. Ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent, pourquoi pas ?" (George Bernard Shaw).

Certains d'entre vous seront peut-être surpris de voir JP Conseil, cabinet spécialisé en organisation et RH, parler de Développement Durable. Rassurez-vous, nous ne sommes pas encore les spécialistes de l'effet de serre et des émissions de gaz carbonique. Si ce sujet nous pas-sionne, c'est qu'il va bien au-delà des seules préoccupations environnemen-tales. Et suppose une organisation dédiée, un management impliqué, une gestion des ressources humaines exemplaire, une relation constante aux "parties prenantes1" (stake-holders)... Bref, tout ce que le cabinet traite au quotidien.

Le Développement Durable ne se décrète pas : il ne s'inscrit dans la réalité que s'il imprègne fortement l'organisation, la culture et les modes de fonctionnement de la structure. L'article de Thomas Choffé le démontre. C'est d'une véritable conduite de projet dont il s'agit. Aux leaders, chefs d'entreprise, élus locaux, de lancer la démarche, aux acteurs de se l'approprier. JP Conseil se sent de taille à les accompagner.


1. Clients/usagers, fournisseurs, sous-traitants, collaborateurs, pouvoirs publics, actionnaires, ONG…

Pour un territoire durable

Thomas Choffé

Dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable lancée par le gouvernement en juin 2003, les collectivités territoriales seront amenées à jouer un rôle essentiel. La participation importante de ces dernières au sommet de la Terre, concrétisée par "l’appel de Johannesburg", a témoigné du rôle fondamental de l’échelon local pour la mise en place effective des objectifs du développement durable.

Développer harmonieusement son territoire sans nuire au "village global" de la planète, tel est le défi fixé à Johannesburg… Utopie diront certains, mais le fait est que le développement durable est devenu une réalité pour un nombre croissant d’élus locaux, qui y voient bien plus qu’un effet de mode mais une petite "révolution" dans l’appréhension de l’action publique et un moyen de repenser la démocratie locale.

Le gouvernement souhaite donner l’impulsion : il s'est ainsi fixé comme objectif de favoriser, en cinq ans, la mise en place de 500 "agendas 21 locaux1", notamment sur les territoires bénéficiant d'une aide publique comme les grands projets de ville, les parcs naturels régionaux, les groupements de communes, les pays ou agglomérations dans le cadre des contrats territoriaux.

Les agendas 21 locaux apparaissent ainsi comme la clef de voûte d’une approche territoriale du développement durable, dans un contexte marqué par une décentralisation qui va renforcer les compétences des collectivités dans des domaines directement liés à la problématique "développement durable" : aménagement du territoire, prévention des risques et des pollutions, modes de production "propres" (transports, énergie, agriculture…), formation et éducation.

Qu’est ce qu’un "agenda 21 local" ?

C'est un "carnet de route", un projet concerté de développement orienté vers le long terme. C’est une démarche qui permet à toute collectivité locale de se fixer des objectifs de développement durable et de les réaliser.

La collectivité (commune, département, région… ) impulse et coordonne la réalisation, le suivi et l’évaluation des actions, en concertation avec l’ensemble des citoyens et acteurs socio-économiques concernés sur le territoire. Cela aboutit à la mise en place d’un programme d’action, soutenu par une structure pluri-acteurs de mise en œuvre et d’évaluation.

La mobilisation de la société civile est essentielle à la démarche. En effet, l’agenda 21 local initie le dialogue entre des acteurs aux logiques diverses (citoyens, entreprises, commerçants, associations) qui vont se consulter, débattre et négocier des objectifs communs pour un développement durable de leur territoire.

Pour les collectivités locales, il y a là un enjeu fort : la démarche leur permet de recenser l’ensemble de leurs politiques publiques puis de les mettre en cohérence autour d’un programme local de développement durable. Cela induit une meilleure coopération entre services. C'est aussi une chance pour la collectivité de développer le dialogue avec l’ensemble des citoyens et acteurs de son territoire, de redonner de la valeur à l’action publique et d’impulser la prise de conscience d’une nécessaire responsabilité de chacun.

En outre, rendue plus intelligible, l’action publique gagne en crédibilité. L’agenda 21 local de la ville d’Angers comporte ainsi 40 actions réparties en 4 volets : se Mobiliser, Valoriser, Préserver et être Solidaire. Il précise, pour chacune d’elles, le calendrier de mise en œuvre, le budget prévisionnel, les coordinateurs, les acteurs municipaux et les partenaires extérieurs envisagés.

Outre une optimisation des coûts, l’agenda 21 local permet une meilleure mise en valeur de l’image du territoire en contribuant à l’amélioration du cadre de vie, de l’habitat, des services, à l’optimisation des déplacements. Il augmente alors l’attractivité du territoire pour les individus et pour les entreprises, devenant ainsi un facteur de développement local potentiellement créateur d’emploi. Déclinée en 14 chapitres, une charte "Haute Qualité Environnementale" est expérimentée sur une Zone d’Activités à Sénart. L’enjeu économique est tel que le Conseil Régional d’Ile-de-France envisage d’étendre l’expérience à l’ensemble des Zones d’Activités de la Région.

Et concrètement ? Portée par le premier élu, la démarche suppose tout d’abord un état des lieux qui permet à la collectivité d’établir un bilan de son action (environnement, économie, social) et un repérage des initiatives des acteurs locaux. Ensuite, il est nécessaire de définir les orientations. Celles-ci sont mises en débat auprès de la population afin d’aboutir à un programme politique négocié. L’agenda 21 de la communauté urbaine de Lille a ainsi mobilisé 83 associations, 120 représentants de la société lilloise, 10 conseils de quartier, les services municipaux et les membres de la commission extra-municipale de l’environnement. Enfin, un travail de suivi et d’évaluation est indispensable. Cela suppose la mise en place d’indicateurs Développement Durable. La souplesse est ici de rigueur : il ne s’agit pas de mettre en place des "grilles d’évaluation" exhaustives mais de tenir compte des réalités locales. L’agenda 21 local est un programme vivant, en dialogue permane nt avec son environnement.

Si la démarche est séduisante, notons que le bilan actuel des agendas 21 locaux est mitigé… Comme l’a souligné le Comité Français pour l’Environnement et le Développement Durable, un certain nombre de problèmes demeurent : faiblesse de l’information des populations, inexistance des démarches d’évaluation intégrées (tableaux de bord), insuffisante mobilisation dans les comités de pilotage de partenaires potentiels tels que les fonds structurels européens, les directions régionales des grandes entreprises, publiques et privées, les établissements publics, ou encore les réseaux associatifs spécialisés…

À l’évidence, le processus est encore en gestation, mais gageons qu’un important travail de pédagogie et de sensibilisation rendra la démarche plus visible. La diffusion des bonnes pratiques permettra de fournir des éclairages sur ce qui constitue probablement un des champs d’expérimentation les plus novateurs du renouveau de l’action politique et – au-delà- de la démocratie… Le pari n’est certes pas évident, mais il n'est plus du domaine de l'utopie. Il est urgent d'y croire.


1. L'Agenda 21 désigne le texte fondateur adopté par 182 pays au sommet des Nations Unies de Rio en 1992. Il souligne la nécessité de définir des priorités, des indicateurs et des règles internationales permettant d'inverser les détériorations en cours, de mesurer les progrès réalisés et de veiller à une meileure intégration par tous des impératifs du développement durable.

JP Conseil repousse ses frontières

Thomas Choffé a interviewé durant deux jours à Londres des représentants de banques et sociétés d'assurance membres du Forge Group, groupement informel (qui rassemble 8 des principales institutions financières britanniques – Aviva, Barclays, Lloyds TSB...) tourné vers le développement durable et la responsabilité sociétale des entreprises du secteur financier. Ces rencontres s'inscrivent dans la mission que conduit actuellement JP Conseil sur ce thème, pour le compte de la Fédération Bancaire Française et de la Fédération Française des Sociétés d'Assurance.

Jean Planet a conduit à Tananarive la 1ère phase d'une intervention d'appui à l'évolution de la direction générale des douanes, menée pour le compte du gouvernement malgache et du ministère français des affaires étrangères (coopération).

L'équipe JP Conseil a été choisie comme partenaire pour l'ADETEF, GIE lié au MINEFI, pour un appel d'offres européen du programme TACIS sur la modernisation du Trésor ukrainien. Le groupement vient d'être "short listé". En cas de succès final, le cabinet sera en charge des aspects management et organisation d'une intervention qui s'étendra sur 3 ans.